Bien assurer sa maison, à commencer par le chantier

Bien choisir son assurance à Tahiti

La construction d'un habitat neuf est une belle aventure mais non dénuée de risques, réservant parfois quelques mauvaises surprises. Pour la tranquillité de tous, diverses formules d'assurances sont proposées, garantissant les vices, dommages ou sinistres pouvant survenir pendant et après la construction. Rencontre avec Alain Le bris, Agent général de Generali et président du COSODA qui nous conseille sur la marche à suivre.

Comment bien assurer sa maison, à commencer par le chantier ?

« Dans un premier temps, je voudrais rappeler qu’en Polynésie, il n’existe pas d’assurance obligatoire en matière de chantier et de maisons en construction à l’inverse de l’assurance décennale métropolitaine, qui, elle, garantit le bien contre les malfaçons pendant une période de 10 ans. Par contre, ce qui est mis en place au niveau local, c’est le « Tous Risques Chantier (TRC)», une assurance qui va garantir le bien pendant la durée du chantier et tous ce qui a autour tels que les outils et les matériaux. Une fois que le chantier est terminé, on passe à la « Multirisques habitation » qui garantira à minima l’incendie, et sur laquelle on peut rajouter des options telles que les dégâts des eaux, les risques d’intempéries et la responsabilité civile familiale ».

Alain Le Bris, Generali Tahiti

Pour répondre aux normes d’assurances, le chantier doit-il être sécurisé ?

« Tout à fait. Les assureurs ne garantissent en général que ce qui est clôt et couvert. C’est-à-dire que quelque chose qui disparait sur un chantier ouvert et non sécurisé ne sera pas garanti. Autrement dit, les biens sur parcs (robinetterie, vasques, perceuses par exemple) ne seront assurés que si le matériel ou les marchandises sont enfermées dans un local sécurisé ».

Sous quelles responsabilités sont justement ces matériels sur le chantier ?

« Il faut ici distinguer le maitre d’œuvre et le maitre d’ouvrage. Le maitre d’œuvre est celui qui exécute les travaux, comme une entreprise générale, et sera le responsable toute la durée du chantier. Une fois que les travaux auront été réceptionnés par le maitre d’ouvrage, le propriétaire, celui prendra le relais en termes de responsabilité. Cela veut dire que pendant la durée du chantier, si quelque chose disparait, ce n’est pas de la responsabilité du maitre d’ouvrage mais du maitre d’œuvre, donc de l’entrepreneur. Mais parfois, il y a confusion entre maitre d’œuvre et maitre d’ouvrage… le propriétaire peut acheter lui-même le matériel, bricole et fait venir des artisans au jour le jour. Dans ce cas effectivement, c’est au propriétaire de s’assurer en Tous Risques Chantier. Si c’est une entreprise qui prend la direction des travaux, c’est alors à elle de s’assurer. Cette assurance dure jusqu’à la réception des travaux par le propriétaire ».

Quels sont les coûts d’une assurance Tous Risques Chantier » ?

« C’est aux alentours de 2 % de la valeur du chantier ».

Alors que l’assurance décennale n’est pas obligatoire sur le fenua, on peut quand même y souscrire ?

« Oui, bien sûr, elle existe ! Mais le propriétaire peut aussi se renseigner si l’entreprise est elle-même assurée en assurance décennale ou demander qu’elle en prenne une pour le chantier. Le coût dépend là aussi du bien, aux alentours de 2 à 3 % selon les compagnies. Au global, entre la Tous Risques Chantiers et l’assurance décennale, cela représente environ 5 % du bien. Mais c’est une garantie costaud ! Attention, les compagnies ne vont toutefois pas assurer tout le monde en décennale. C’est-à-dire que les assureurs étudieront de près l’intervenant sur le chantier : Qui est-il ? Qu’a-t-il déjà fait ? Est-il diplômé ? etc. ».

Un dernier conseil ?

« En Polynésie, en général, les gens s’assurent dès lors qu’il y a une contrainte, c’est-à-dire qu’aujourd’hui les assurés s’assurent car la banque le leur demande pendant la durée du crédit, pendant 10 ou 15 ans. Or à l’issue du prêt, ils arrêtent leur contrat ! Je voudrais rappeler que ce n’est pas parce que le prêt est terminé que la maison ne risque plus rien… C’est dommage de prendre ce risque, alors que les prix d’assurances sont relativement faibles, aux alentours de 10 000 Fcfp par an ».

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