Elaguer : Faites confiance à un professionnel !

Elaguer vos arbres avec Taino Assouvie
Maintenir la forme naturelle des arbres, les conserver en bonne santé, ou restreindre la taille des végétaux à croissance rapide, les raisons qui peuvent motiver un élagage sont nombreuses.
Elagage par un professionnel

De plus, à partir d'une certaine hauteur ou d'une certaine largueur, nos arbres peuvent devenir encombrants, gênants, voire même dangereux s'ils n'ont pas suffisamment d'espace pour s'épanouir. Mais attention, l’élagage est un métier exigeant, à risques et ne s’improvise pas élagueur qui veut. MonFare.pf est allé à la rencontre d’un véritable professionnel, Taino Assouvie, Arboriste grimpeur certifié et Apiculteur, pour nous conseiller sur l’élagage de nos espèces locales sans leur causer de tort.

Grimpeur certifié, cela veut dire que vous êtes un professionnel avec une formation à l’élagage des arbres ?

« Oui, effectivement, j’ai eu une formation auprès d’un formateur européen. Il m’a donné une formation complète, entre la théorie et la pratique, qui a abouti au certificat de spécialisation local « Tailles et soins aux arbres ». C’est un métier qui comporte de nombreux risques et il est donc très important de se former avant de se lancer dans cette activité ».

Justement, quels sont les risques que l’on peut rencontrer dans l’élagage ?

« Le grimpeur est en haut d’un arbre muni d’une tronçonneuse, donc, il faut penser prioritairement à la chute et aux coupures avec les outils, mais aussi aux douleurs musculaires dues à des positions incommodantes. Avec ma formation, je peux aller à n’importe quelle hauteur et je suis équipé d’une corde de 60 mètres ».

C’est haut…

« Oui, et je ne peux pas dire que cela ne m’effraye jamais… Mais c’est un métier d’adrénaline ! Il faut surtout garder sa concentration et être très attentif à nos gestes. Le danger peut survenir à tout moment ».

Elaguer en toute sécurité

Il est donc vivement déconseillé pour un particulier amateur de monter seul tailler son arbre ?

« Il y a des risques très dangereux. Je vois déjà les nombreux accidents qui arrivent aux professionnels, alors pour une personne non formée, c’est de l’inconscience. Moi, je suis équipé d’un matériel de sécurité aux normes (les EPI, équipements de protections individuels) : casque anti-bruit, lunettes, manchettes, pantalon anti-coupures, chaussures et encordage ».

Aujourd’hui à la tête de votre entreprise, vous travaillez sur toute la Polynésie ?

« Je travaille essentiellement sur Tahiti mais je peux me déplacer dans les îles si besoin. Le particulier me contacte, je me déplace à son domicile et je lui fais un devis. Puis, avec son accord, je reviens avec mon matériel. En fonction des chantiers, je suis seul ou accompagné d’un autre professionnel. Je travaille en association avec une équipe de patentés, aux compétences multiples. Tous les chantiers sont différents, donc je me suis entouré de partenaires tels qu’un scieur et un grumier (celui qui récupère les troncs pour les amener au sciage) ».

Quelles prestations proposez-vous et à quels tarifs ?

« L’arboriste, c’est un grimpeur spécialisé dans les soins aux arbres. Je fais donc de l’abatage, du décocotage, le démontage et les tailles de cohabitations ou fruitières par exemples. Au niveau de l’évacuation, j’essaye de travailler avec les communes pour le ramassage des déchets verts, afin que le client ne paye pas de surplus. Je peux aussi faire de la revalorisation du bois. Au niveau de mes tarifs, c’est très difficile de chiffrer sans voir le chantier. Mais, à titre d’exemple, j’ai un tarif fixe pour le décocotage (qui varie cependant selon les contraintes) à 6 250 Fcfp par cocotiers. Pour les autres arbres, c’est difficile… Chaque arbre est différent, dans sa hauteur, son diamètre, son accès, sa position, etc., de nombreux paramètres entrent en compte dans mon chiffrage. Je peux aussi proposer un tarif journalier de 40 000 Fcfp pour des travaux en l’air et de 20 000 Fcfp à la demi-journée ». 

A quelle époque doit-on élaguer nos arbres ?

« Généralement après les floraisons, après la saison d’abondance, donc après la saison des pluies et plutôt pendant l’hiver polynésien de mars à octobre. Il ne faut surtout pas élaguer durant la période de croissance de l’arbre. Mais là aussi, cela dépend de la variété des arbres… Les manguiers par exemple sont actuellement en activité, donc il ne vaut mieux pas y toucher. Mais il faudra faire une taille fruitière pour l’année d’après, c’est-à-dire amener de la lumière au pied de l’arbre ».

Vous faites également du conseil auprès de vos clients ?

« Oui, bien sûr ! Je les avise sur les saisons de taille ou sur les dangers que représentent les grands arbres dans le jardin. En général, je dis toujours qu’il vaut mieux prévenir que guérir ! Il faut savoir qu’un arbre bien entretenu ne montera finalement jamais très haut, alors que si on le laisse faire, il faudra inévitablement le couper un jour. Donc il vaut mieux faire une taille de formation, donner une forme à l’arbre sans le faire souffrir. J’évite au maximum l’élagage « sévère » et j’essaye d’intégrer une nouvelle génération d’élagage dans le respect des arbres. Parfois, il peut y avoir d’autres solutions que tout couper… ».

Travail sur corde jusque 60m de hauteur

Chaque essence se taille-t-elle différemment ?

« Il y a des résistances différentes, et des techniques définies. Par exemple pour l’abatage d’un Falcata, on va peut-être laisser un peu plus de charnières car ce bois est très solide. Mais sur des arbres plus mous, on aura d’autres façons d’agir… C’est souvent au feeling en fonction de nos connaissances, puis de l’expérience… Mais dans la manœuvre, les techniques ne changent pas ».

Y-at-il des espèces qu’il ​ne faut pas couper ?

« Tous les arbres avec une tête principale, comme les cocotiers ou les sapins, il ne vaut mieux pas y toucher sous peine de les tuer. Donc, oui, ça monte très haut… mais j’aimerais conseiller aux particuliers de bien réfléchir lorsqu’ils plantent un arbre dans leur nouveau jardin. Il faut penser que cet arbre est peut-être tout petit aujourd’hui, mais qu’il sera beaucoup plus grand dans 50 ans. Donc, il faut éviter de le planter trop près de la maison, des fosses septiques ou de la piscine. Il faut réserver un espace suffisant pour que l’arbre puisse s’épanouir en toute sécurité. Et si on a un petit jardin, on choisit des petits arbres, comme les citronniers ou les pommes-cannelles par exemple ».

On annonce peut être une période cyclonique sur le fenua, quels seraient vos conseils pour se préparer ?

« J’invite les gens à faire les travaux nécessaires au lieu d’attendre la tuile ! Le danger en cas de cyclones vient d’abord des arbres dans les pentes, qui peuvent se déraciner et tomber sur la maison. Toujours pareil, je peux me déplacer pour conseiller sur les dangers éventuels. Je ne tarife pas la prestation de conseils dans la zone de Paea à Papenoo, c’est gratuit ».

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